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Sécurité habitation à Madagascar : quel niveau de protection choisir ?

L’objectif de cet article n’est pas de faire peur ni de dresser une image négative de Madagascar. Il s’agit simplement de partager notre retour d’expérience, afin que chacun puisse identifier le niveau de sécurité adapté à son habitation.

Et soyons clairs : aucun système de sécurité n’est infaillible. Il suffit de penser au Louvre : malgré des systèmes de sécurité et des moyens considérables, des malfaiteurs ont déjà réussi à y mener des opérations parfois étonnamment simples, en plein jour et sous le regard de tous. Comme quoi, même avec les meilleurs dispositifs, le risque zéro n’existe pas.

Voici donc 3 niveaux de sécurité, des indispensables jusqu’aux dispositifs les plus avancés.

Une bonne stratégie repose sur quelques principes simples :

  • voir et détecter suffisamment tôt ce qui se passe autour de la propriété ;
  • ne pas dépendre uniquement d’une surveillance humaine qui lui peut être dès fois inefficace, opter pour de la technologie en parallèle ;
  • ralentir l’accès au bâtiment le plus longtemps possible ;
  • permettre à des personnes extérieures ou aux services de sécurité d’avoir le temps d’intervenir ;
  • conserver un minimum de surveillance et de dissuasion, même lorsque le logement est inoccupé.

Pour faciliter votre choix, nous avons regroupé les principales solutions en 3 niveaux de sécurité.

NiveauPrincipeProfil
Niveau 1Les indispensablesToute maison
Niveau 2Protection renforcéeVilla individuelle, propriété plus exposée
Niveau 3Protection avancéeGrande propriété, résidence isolée ou besoin élevé de sécurité

NIVEAU 1 — Les indispensables à prévoir

Le niveau 1 constitue selon nous la base minimale pour une habitation individuelle.

Il doit permettre de voir, détecter, dissuader et donner l’alerte.

1. Caméras de surveillance : voir aussi ce qui se passe à l’extérieur

Les caméras ne devraient pas uniquement surveiller l’intérieur du terrain, il est important de pouvoir surveiller :

  • le portail et les principaux accès ;
  • l’intérieur de la propriété ;
  • les différentes façades et passages autour de la propriété.

L’intérêt est de pouvoir garder un œil sur son habitation à tout moment, même lorsque l’on est absent mais aussi d’autres points :

  • vérifier en direct ce qui se passe autour de la maison en cas de bruit ou de suspicion, sans avoir à sortir ;
  • consulter les images à distance depuis son téléphone ;
  • revoir les enregistrements pour confirmer ou comprendre un événement passé ;
  • conserver un sentiment de surveillance même lorsque la maison est inoccupée ;
  • contrôler rapidement une alerte ou un mouvement détecté avant de décider de la réaction à adopter.

L’objectif n’est donc pas uniquement de filmer une éventuelle intrusion, mais de disposer en permanence d’yeux supplémentaires autour de son habitation, accessibles dès que l’on en ressent le besoin.

La connexion Internet permet également :

  • la consultation à distance ;
  • les notifications ;
  • la vérification du domicile pendant une absence.

2. Détecteurs simples de mouvement et d’ouverture

Il existe aujourd’hui des solutions relativement accessibles pouvant surveiller :

  • une ouverture de porte ;
  • une fenêtre ;
  • certains mouvements inhabituels.

Un système simple et autonome avec sirène représente déjà une protection supplémentaire, même sans installer immédiatement une centrale d’alarme très élaborée. Mais la fiabilité et la configuration restent encore limité pour les packs simples.

3. Prévoir une sirène

Une alarme doit également permettre d’alerter l’environnement immédiat.

Donc une sirène extérieure à déclenchement automatique en cas d’incident en votre absence ou bien muni d’une commande manuelle permettant au résident de déclencher lui-même une alerte importante.

4. Portes, grilles et protections correctement ancrées

Une grille très épaisse n’est pas nécessairement sécurisante si elle est mal fixée.

Les points à surveiller sont notamment :

  • qualité et épaisseur des éléments métalliques ;
  • régularité des assemblages ;
  • ancrages dans les murs et éléments en béton ;
  • qualité des serrures ;
  • résistance des portes principales et secondaires.

La qualité de la mise en œuvre est aussi importante que le matériau lui-même. Et surtout que les grilles ne soient pas seulement décoratives mais assez robustes pour faire le travail qui a fait l’objet de leur installation.

5. Sécuriser la clôture

Une clôture doit avant tout créer une première difficulté d’accès. Elle doit être assez haute comme 2m6 ou plus avec des rouleaux défensifs installés. Penssez à bien installer ces derniers en évitant les tiges galvanisées mais directement utiliser des fers de diamètre 8 pour éviter qu’une simple pince coupante puisse surpasser le dispositif.

6. Le chien de garde : une solution ancienne mais toujours dissuasive

Un chien n’a pas nécessairement besoin d’être dressé à l’attaque.

Sa présence peut déjà remplir deux fonctions :

  • signaler un mouvement inhabituel ;
  • dissuader une personne de poursuivre son approche.

Le choix doit évidemment tenir compte du bien-être de l’animal, de l’espace disponible et de la capacité de la famille à s’en occuper correctement. Certaines races sont plus disposées à être des chiens de garde que d’autres. Faites vos recherches dans ce point. Faites aussi un calcul budgétaire avant l’adoption car avoir un ou plusieurs chiens est assez budgetivore, que ce soit pour l’alimentation ou les soins.

7. Créer un réseau avec ses voisins

Il ne faut pas considérer automatiquement qu’un voisin interviendra en cas de problème.

Dans une situation de stress, beaucoup de personnes ne savent simplement pas quoi faire.

Il est donc préférable de créer l’organisation avant l’urgence :

  • groupe WhatsApp ou Messenger ;
  • échange des coordonnées ;
  • connaissance des différents habitants ;
  • identification des personnes à contacter ;
  • procédure simple si un voisin constate quelque chose d’anormal.

Faites le premier pas si besoin, c’est sur que vos voisins seront partant pour ce genre d’organisation.

8. Préparer aussi la famille

Parler de sécurité peut être inconfortable, mais cela permet de diminuer la panique le jour où un incident se produit.

Définissez simplement :

  • qui appelle les secours ;
  • qui s’occupe des enfants ;
  • où chacun doit se rendre ;
  • quelles portes doivent rester fermées ;
  • les actions à ne surtout pas entreprendre.

L’objectif n’est pas de créer de l’inquiétude, mais de disposer de réflexes simples connus de tous.

9. Ne pas distribuer librement les clés principales

Les accès réservés à la famille devraient idéalement rester contrôlés.

Si du personnel doit disposer d’un accès :

  • prévoyez éventuellement une serrure ou un accès distinct ;
  • évitez de partager systématiquement toutes les clés principales ;
  • conservez certains accès exclusivement pour les résidents.

10. Préparer l’intervention extérieure avant d’en avoir besoin

Une autre idée importante est de connaître à l’avance les services capables d’intervenir dans votre secteur.

Vous pouvez notamment :

  • identifier le poste de police ou de gendarmerie le plus proche ;
  • enregistrer les coordonnées utiles ;
  • expliquer clairement la localisation de votre propriété ;
  • identifier les services de sécurité privée disponibles dans votre quartier.

Le principe est simple : ne pas commencer à chercher les bons contacts pendant l’urgence.

Faites-y une visite de courtoisie, pour prendre contact physiquement avec les agents sur place. Ainsi, vous ferez connaissance et cela facilitera les interventions en cas de besoin, et ils pourront aussi vous faire un brief sur l’organisation et les dispositions à prendre en cas d’alerte.

NIVEAU 2 — Une protection renforcée

Le niveau 2 conserve tous les éléments du niveau 1, mais cherche à détecter encore plus tôt et à ajouter plusieurs barrières successives.

1. Clôture électrique professionnelle

Une clôture électrique correctement conçue apporte deux avantages :

  • un effet fortement dissuasif vs les rouleaux défensifs;
  • la possibilité de détecter certains incidents sur le périmètre. Car au moindre mouvement sur les fils, une sirène alertera cet incident.

Elle doit être réalisée par un professionnel et respecter les exigences de sécurité et la réglementation applicables. Elle vient en complément d’une clôture physique et ne doit pas être considérée comme une protection unique.

2. Détection intérieure et extérieure plus complète

À ce niveau, on passe de quelques détecteurs isolés à une couverture plus structurée et une centrale plus complexe et complète. Ces équipements plus performants permettent également de mieux limiter les fausses alertes et faciliter l’organisation avec des automatismes. Aussi connectés à Internet, ils peuvent vous informer à distance si besoin et vous pouvez tout configurer à distance.

3. Barrières infrarouges

Les barrières infrarouges constituent une autre manière de détecter un franchissement.

Elles peuvent être utilisées sur certaines zones :

  • façades ;
  • clôtures ;
  • passages ;
  • accès spécifiques.

Le principe consiste à détecter le franchissement d’une ligne de surveillance plutôt qu’un mouvement général dans toute une zone.

4. Créer plusieurs barrières avant l’habitation

Une propriété est plus difficile à atteindre lorsqu’une première clôture ne donne pas immédiatement accès à la maison.

Cette seconde barrière peut parfaitement être intégrée au design global du projet.

L’objectif sera de séparer la zone accessible aux visiteurs et au personnel de la zone strictement privée.

On peut ainsi créer :

Rue → premier portail → zone intermédiaire → deuxième accès → habitation

L’habitation principale devient alors accessible uniquement aux résidents.

Cela permet également de laisser les systèmes de détection fonctionner sur une partie de la propriété sans passages permanents.

5. Une guérite ou un point d’observation

Dans certaines grandes propriétés, une guérite correctement positionnée peut offrir une meilleure visibilité :

  • portail ;
  • rue ;
  • visiteurs ;
  • mouvements autour de la propriété.

Elle peut également servir d’abris pour les gardiens et de contrôle des accès.

6. Bouton panique et service d’intervention

Certaines sociétés de sécurité proposent des dispositifs permettant de transmettre directement une alerte à leurs équipes.

Avant de souscrire, il est important de vérifier :

  • zone réellement couverte ;
  • délais d’intervention annoncés ;
  • fonctionnement du système en cas de coupure ;
  • modalités d’abonnement ;
  • procédures lorsque l’alerte est déclenchée.

Un des avantages étant qu’ils sont continuellement en contact avec les forces de l’ordre pour permettre une intervention en //

Informez vous sur ce point car c’est pas forcément une option très budgetivore.

8. Gardiennage de nuit

Pour certains bâtiments, il peut être pertinent de concentrer le gardiennage sur les périodes où le risque est plus important.

Des prestations de companie de sécurité uniquement nocturnes peuvent ainsi compléter les systèmes automatiques sans nécessairement maintenir une présence humaine 24h/24.

NIVEAU 3 — Une protection avancée

Le niveau 3 ne consiste pas simplement à rajouter encore plus d’équipements.

Il vise surtout à s’assurer que la protection continue de fonctionner même lorsque plusieurs choses se passent mal simultanément.

1. Prévoir une pièce refuge

Il ne s’agit pas obligatoirement de construire une véritable « panic room ».

Une pièce existante peut être pensée pour devenir un endroit où les occupants peuvent temporairement se mettre en sécurité :

  • accès renforcé au niveau maximum avec les portes et fenêtres ;
  • moyen de communication ;
  • possibilité d’alerter l’extérieur ;
  • emplacement adapté dans la maison.

Cette réflexion doit idéalement être réalisée dès la conception du bâtiment.

2. Prévoir une alimentation électrique totalement secourue

À Madagascar, une installation de sécurité dépendante uniquement de l’électricité du réseau présente une faiblesse évidente.

Caméras, alarmes, Internet et détecteurs devraient pouvoir continuer à fonctionner pendant une coupure.

Solutions possibles :

  • onduleur ;
  • batteries ;
  • installation solaire dédiée ;
  • circuit électrique de secours.

Même pour une habitation fonctionnant déjà au solaire, le brief recommande d’envisager une alimentation parallèle indépendante pour les équipements de sécurité.

3. Envisager une présence permanente d’agent habilité armé

Pour certains sites ou résidences nécessitant un niveau de protection particulièrement élevé, il peut être pertinent d’étudier la possibilité d’une présence permanente d’agents habilités sur place.

Selon les dispositifs légalement accessibles, une garde peut être envisagée de manière temporaire ou sur une période plus longue. Il est indispensable de se renseigner directement auprès des autorités et organismes compétents afin de connaître les possibilités, les conditions et la faisabilité d’un tel dispositif.

Deux règles qui s’appliquent aux 3 niveaux

Centraliser les équipements lorsque c’est pertinent

Utiliser un même écosystème pour plusieurs équipements peut simplifier énormément la gestion :

  • une application ;
  • des notifications communes ;
  • une interface connue de tous ;
  • moins de systèmes indépendants à surveiller.

La centralisation n’est pas obligatoire, mais elle améliore souvent la simplicité d’utilisation.

Tester et entretenir régulièrement son système de sécurité

Un dispositif de sécurité n’est réellement efficace que s’il est entretenu et testé régulièrement. Et cela ne concerne pas uniquement les caméras et les équipements électroniques : les protections mécaniques vieillissent elles aussi.

Prévoyez périodiquement un contrôle de :

  • caméras et enregistrements : qualité des images, vision nocturne, stockage ;
  • détecteurs et alarmes : déclenchement, sirènes et notifications ;
  • batteries et alimentations de secours ;
  • connexion Internet et accès à distance ;
  • serrures et verrous : fonctionnement, jeu ou signes d’usure ;
  • portes et portails : fermeture, solidité et points de fixation ;
  • clôtures et protections périphériques : état général et points fragilisés ;
  • éclairages extérieurs et détecteurs de présence.

Certains équipements électroniques nécessitent parfois un redémarrage, une mise à jour ou une nouvelle configuration. De la même manière, une serrure qui commence à prendre du jeu, une soudure fragilisée ou une grille dont l’ancrage s’est détérioré mérite d’être corrigée avant de devenir un véritable point faible.

Une bonne habitude consiste donc à faire, tous les quelques mois, un petit tour complet de son habitation avec un regard “sécurité”, plutôt que d’attendre un incident pour découvrir ce qui ne fonctionnait plus.

Construire une maison « Security Ready »

Le meilleur moment pour réfléchir à la sécurité reste avant la construction.

Dès les plans, il est possible de prévoir :

  • gaines électriques pour les caméras ;
  • câblage réseau ;
  • points destinés aux détecteurs ;
  • alimentation du portail ;
  • éclairages extérieurs ;
  • alimentation électrique secourue ;
  • emplacement du local technique ;
  • fixations des grilles ;
  • séparation des zones publiques et privées ;
  • emplacement éventuel d’une pièce refuge.

Anticiper ces éléments pendant le chantier coûte généralement moins cher que de devoir percer, casser ou modifier une maison déjà terminée.

Vous construisez ou rénovez votre maison ?

Le Guide Construction Madagascar peut intégrer la sécurité directement dans la conception et la réalisation du bâtiment.

Nous pouvons notamment intervenir sur la préparation de tous ces dispositifs de sécurité suivant vos besoins.

Les systèmes spécialisés tel que les clôtures électriques, pourront ensuite être installés par les professionnels spécialisés de votre choix.

Une maison sécurisée ne dépend pas seulement du nombre d’équipements installés. Elle dépend surtout de la manière dont les différentes protections ont été pensées ensemble.

Nous espérons avant tout que ce partage d’expérience pourra apporter du positif et aider chacun à mieux organiser la sécurité de son habitation, selon sa situation, ses besoins et ses moyens.

Il ne s’agit pas de tout installer, ni de vivre constamment dans la méfiance. L’essentiel est de prendre conscience des éventuels points faibles, mettre en place quelques bons réflexes et améliorer progressivement son niveau de protection.

Chaque habitation est différente. Commencez par les indispensables, échangez avec votre famille et votre voisinage, testez régulièrement vos installations et faites évoluer votre dispositif lorsque cela devient nécessaire.

L’objectif n’est pas de vivre dans la peur, mais de vivre plus sereinement parce que l’on s’est mieux préparé.

Si cet article permet à quelques familles d’anticiper plutôt que de devoir réagir après une mauvaise expérience, alors ce partage aura déjà été utile.

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